Le document du mois

 ...Janvier 2024 !

Cartes de voeux de bonne année, vers 1900-1910

(AD 09, 89 Fi 675, 53 J 86, 89 Fi 678, 89 Fi 676)

Les Archives départementales de l’Ariège vous souhaitent une bonne et heureuse année 2024 à travers quelques cartes postales de vœux des années 1900.

Souhaiter de bons vœux au début du mois de janvier est une tradition qui remonte à l’Antiquité romaine en Occident. C’est un rite accompli pour s’attirer la faveur des dieux, et notamment de celui auquel était voué le mois de janvier. Ce mois, tire, en effet, son nom du dieu Janus, dieu des portes et du temps qui passe, mais surtout dieu à deux visages, l’un sombre et l’autre riant, symbolisant le passage d’une année à l’autre, la future année s’annonçant plus riante que la précédente. Le principe des vœux consiste essentiellement à conjurer le mauvais sort.

En France, dès le XVe siècle, il est d’usage d’envoyer des feuillets de bons vœux. La coutume de rendre visite à ses parents et amis pour leur souhaiter les vœux laisse place peu à peu, à partir du XVIIIe siècle, au dépôt d’une carte de visite de vœux qui se charge, au fil des années, de décorations.

L’histoire de la carte postale rencontre celle de la tradition des vœux de Nouvel An au milieu du XIXe siècle. L’Anglais Sir Henry Cole invente en 1843 une carte, teintée d’humour, souhaitant un joyeux Noël associé à des vœux de bonne année. La coutume se répand en France à la Belle Époque. Grâce aux progrès de la photographie et des techniques d’imprimerie, notamment du développement de la lithographie et de la chromolithographie en 1900, les échanges de cartes postales de vœux de bonne année connaissent un véritable succès commercial, accompagnant le développement du service postal jusqu’à la veille de la première guerre mondiale.

La carte postale de vœux retient l’attention par son côté romantique qui n’échappe pas toujours à la mièvrerie. Elle est souvent humoristique aussi. Les quatre cartes de vœux de bonne année présentées sont typiques des années 1900-1910 : le changement d’année est évoqué par l’ouverture d’une fenêtre ou bien par les étrennes contenues dans des bonbonnières offertes par trois jeunes filles pour le Nouvel An 1907 (89 Fi 676). Un paysage d’hiver (89 Fi 675) ou des fleurs printanières (89 Fi 678) sont d’autres motifs récurrents. À noter que la carte de bonne année avec la jeune fille ouvrant une fenêtre (53 J 86) n’a pas été suffisamment affranchie par son expéditrice. Un timbre-taxe (ou chiffre-taxe) a été apposé et les destinataires « Monsieur et Madame Paul Canal, charpentier à Nalzen » ont dû payer une partie de l’affranchissement et se dire que l’année ne commençait pas par un signe d’enrichissement !

Aujourd’hui, la carte postale de vœux de bonne année est tombée en désuétude mais est devenue objet de collection. Elle reste largement utilisée pendant tout le XXe siècle, avant le développement des outils de communication numériques, de l’Internet et de ses réseaux sociaux, aujourd’hui privilégiés pour échanger des vœux, y compris avec des cartes de vœux devenues virtuelles.

- Cliquez sur l'image pour agrandir -

 

 

 

 Retour accueil

  • Haut de page